
Première visite de mes ruches au printemps
Alors ? Que sont devenues mes abeilles après cet hiver
spécialement inconstant dans ses températures ? Je ne sais pas à quoi
m’attendre car chaque saison apporte son lot de surprises. Je suis déjà
allé observer les ruches en décembre et ce jour-là, il faisait doux et les
abeilles sortaient. Ce n’était pas forcément une bonne nouvelle que les
abeilles reprennent de l’activité car elles se sont fatiguées inutilement et
ont consommé d’avantage de miel.
Pour aller voir mes ruches, j’attends que la température soit
douce et que le temps soit au beau fixe : en février si j’habite dans le
Sud, mais au contraire vers la fin mars si mes ruches sont en zone montagneuse.
Tout dépend des températures et de la floraison locale. Il était temps que la
reine se remette à pondre car les abeilles d’hiver arrivent en fin de vie.
J’ouvre donc ma ruche et j’hume la bonne odeur de cire. Si
ce n’était pas le cas, c’est que l’essaim est peut-être atteint de loque.
Ensuite j’observe la vitalité des abeilles. Je contrôle qu’il n’y a pas de
maladie : nosémose (parasite intestinal de l’abeille : les abeilles
se trainent et ont du mal à voler) ou mycoses (champignons qui affecte surtout
le couvain : on observe devant la ruche des « momies » blanches
ou noires de consistance pierreuse, et dans la ruche des larves momifiées). La
nosémose étant contagieuse, j’ai intérêt à étouffer mon essaim et le brûler. Je
désinfecte le reste du matériel. Pour les mycoses, je vais essayer de les
empêcher de se développer d’avantage (je remplace les vieux rayons, je
désinfecte le plateau, je fait en sorte qu’il y ait une bonne aération sous la
ruche pour l’isoler de toute humidité, je remplace la reine…). Je contrôle la
présence ou non de varroa en désoperculant des alvéoles de faux-bourdons.
J’effectue le traitement contre le varroa (plusieurs options possibles). Dans
tous les cas si mon essaim est mort, je le brûle et désinfecte ma ruche.
Si l’état sanitaire du couvain est satisfaisant, je regarde
de plus près le couvain. J’observe la disposition des œufs. Si tout va bien,
les alvéoles de ponte sont bien rapprochées. Si au contraire la ponte est trop
éparpillée, c’est que ma reine commence à prendre de l’âge, que sa spermathèque
se vide. Je peux la remplacer par une reine que j’importe, ou bien attendre que
cela se fasse naturellement par les abeilles plus tard. Si le couvain me semble
petit (même pas sur trois cadres), il est bon que je nourrisse un peu et
régulièrement avec du sirop (tous les 5 jours) pour dynamiser l’essaim. Et si je ne vois pas de ponte du tout, c’est
que ma ruche est bourdonneuse : il n’y a plus de reine. Je prends alors
les cadres de ces abeilles orphelines pour renforcer une autre colonie.
En terme de réserves, la colonie a besoin de beaucoup de
pollen et de miel pour « redémarrer ». Si ces réserves me paraissent
insuffisantes et que la nature autour n’est pas encore prête à donner son
nectar, il faudra que je compense en ajoutant si j’en ai des cadres de miel ou
dans le nourrisseur du candi ou du sirop. Si au contraire, je suis en région
méditerranéenne et que mon essaim est déjà bien reparti, je peux déjà poser une
hausse sur ma ruche.
Enfin je souhaite bonne chance à mes abeilles pour cette
saison 2012 !

Le frelon asiatique
En Aquitaine, épicentre de l’invasion biologique, une équipe de l’UMR 1065 Santé et agro-écologie du vignoble étudie à l’Inra de Bordeaux le comportement de V. velutina depuis 2007. Denis Thiéry, directeur de l’unité, fait le point sur cette invasion.
Le frelon asiatique, ou frelon à pattes jaunes, est une véritable menace pour la filière apicole car les abeilles sont l’une de ses proies préférées. Il fait deux fois la taille d’une abeille. Redoutable chasseur, carnassier vorace, Vespa velutina s’est très rapidement répandu à travers la France.
Le frelon asiatique, Vespa velutina nigrithorax, est entré sur notre territoire en 2004. Du premier nid observé à Agen en 2005, cette espèce invasive a réussi à coloniser tout l’hexagone. Près de 2 000 nids ont été recensés en 2010 (source : MNHN). L’envahisseur s’est si bien acclimaté et a si bien prospéré sous nos latitudes qu’il n’est déjà plus question de l’éradiquer. Dorénavant, il faudra donc compter avec cet insecte.
Paradoxalement, depuis son arrivée en France, nous n’avons pas observé de hausse significative de piqûres ni en Aquitaine ni en Gironde où il est le plus répandu. Il est nécessaire de rappeler que le venin de Vespa velutina n’est pas plus dangereux pour l’homme que celui d’autres hyménoptères (guêpe, frelon européen, abeille). Seul un choc est à craindre chez les personnes qui sont allergiques aux piqures de ces insectes. Vespa velutina devient très agressif si l’on s’approche de son nid, à moins de quelques mètres.
Une reine fonde sa colonie au printemps. Des premiers œufs naissent des femelles qui seront les ouvrières. Elles vont progressivement permettre à la reine de se consacrer uniquement à la ponte. A la fin de l’été, commence la production des premiers mâles et des futures reines. Le nid peut alors abriter plusieurs milliers d’individus : on estime ce chiffre à plus de 10 000 pour les plus grosses colonies.
Les reines fécondées quittent leur nid au début de l’hiver, et vont individuellement rechercher une cachette dans l’attente du printemps suivant. Lorsque la température diurne permet le vol, les reines hivernantes sortent de leur cachette (tas de bois, abris dans le sol), et cherchent des sources d’eau et de nourriture. Vespa velutina est actif de mars à novembre-décembre selon les conditions climatiques. Durant cette période, la population est la plus élevée. Le nombre d’ouvrières augmente alors pour assurer l’alimentation, l’entretien et la protection de la colonie.
En tant que prédateur très actif des abeilles domestiques, V. velutina représente un danger pour l’apiculture. En Aquitaine et en Gironde, certains apiculteurs professionnels estiment avoir perdu 30 à 50 % de leur cheptel. Les causes de mortalité des ruches étant multifactorielles, la nuisibilité du seul frelon semble toutefois compliquée à établir. Des apiculteurs amateurs ont pour leur part préféré renoncer aux quelques ruches qu’ils possédaient.
Or, pour l’instant, rien ne vient contrarier l’expansion de V. velutina. Il a trouvé en France un climat comparable à celui de son aire d’origine, l’Asie continentale. Sa multiplication est aussi favorisée par l’abondance de sa proie principale, l’abeille domestique, qui à la différence de l’abeille chinoise, n’a pas de stratégie de défense (encore efficace). Enfin, il n’a pas de prédateur naturel dans le pays ; de ce fait, il risque d’envahir une partie de l’Europe occidentale. Comme toute invasion biologique ayant rapidement réussi, la notion d’éradication est un leurre et il faut espérer que les colonies d’abeilles s’adaptent à ce prédateur.
Mieux comprendre le cycle, les besoins de la colonie et des individus nous permettra de développer des moyens de lutte. V. velutina étant actif du printemps à l’automne, la prédation sur les insectes et en particulier les abeilles va durer environ cinq mois. Les abeilles domestiques sont les principales cibles du frelon car elles représentent une source très riche en protéines pour l’alimentation de ses larves. Les frelons, et en particulier les ouvrières chasseuses, ont sur une période aussi longue également besoin d’autres ressources alimentaires : liquides sucrés, fruits mûrs, eau. Pour l’instant, on ne peut définir des préférences pour certaines essences végétales particulières.
Quand à savoir s’il existe une localisation privilégiée des nids, en croisant les facteurs climatiques avec les besoins importants en eau et en abeilles, on comprend jusqu’à présent la trame d’expansion géographique du frelon (zone d’apiculture, réseau hydrique). L’activité humaine (étals de marchés, déchets urbains) est aussi un facteur favorisant l’installation des colonies. En effet, le frelon, qui est carnassier, se reporte sur la viande ou la chair de poissons à condition qu’elle soit fraîche.
L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), suit l’extension géographique depuis l’entrée de l’envahisseur en France. Le sud-ouest est la zone de plus forte pression, mais l’extension géographique se fait vers le sud-est et le nord de la France. Un nid a été répertorié récemment à Nice, soit près de la frontière italienne. Plus de 50 nids ont été observés en pays basque espagnol cette année et ils s’étendraient apparemment jusqu’au Portugal. L’extension sera donc désormais européenne, au moins vers le sud, à une vitesse pour l’instant imprévisible.
(extrait de l’article de Denis Thiéry, chercheur à l’Inra, l’article complet sur http://www.inra.fr/la_science_et_vous/apprendre_experimenter/l_inra_de_bordeaux_traque_le_frelon_asiatique)


Vie de la
ruche : Organisation
hivernale :
Quand
l’hiver va s’installer et que le froid va bien vouloir arriver, à l’intérieur
de la ruche les milliers d’abeilles hivernantes vont se réunir en grappes
compactes autour de la reine. Plus le
froid au dehors va s’intensifier, plus la masse vivante se resserrera. La
chaleur à l’intérieur de la grappe doit en effet rester égale à
elle-même : 35°. Et cela, même si la campagne avoisinante disparaît sous
la neige et qu’il gèle à -15° ! Pour se maintenir en vie, les abeilles
consomment peu à peu le miel et le pollen de leur réserve.
Les abeilles
qui se trouvent à l’extérieur de la grappe rentrent au milieu de celle-ci dés
qu’elles commencent à se sentir gagnées par le froid. D’autres les remplacent,
puis d’autres encore et ainsi de suite.
Au fil des
jours, les rayons des magasins se vident. Chose singulière : malgré les
énormes quantités de nourriture absorbées pendant les trois ou quatre mois
d’hiver, les abeilles ne feront aucune déjection. Les excréments seront retenus
dans l’abdomen tout le temps qu’il faudra. Tant il est vrai que la règle d’or
de la ruche : « propreté avant tout » ne souffre d’aucune
exception.
Cependant
dés que le froid baisse, la grappe se relâche. Parfois même, lorsqu’une
relative douceur s’installe – au dessus de 10° environ – les abeilles risquent une petite sortie
pour se soulager l’intestin et rapporter de l’eau à la ruche.
(écrit de Pierre Déon, La Hulotte)
Conseils pratique : Pour aider les abeilles à se
protéger du froid, et si tous les cadres ne sont pas remplis de miel, vous
pouvez fabriquer des « partitions », c'est-à-dire deux cadres comblés
d’une plaque de polystirene que vous placez à chaque extrémité des cadres de miel afin
de réduire l’espace à réchauffer par les abeilles et ainsi économiser leur
énergie.
Vie apicole : Bilan de la saison
apicole 2011 en France
L’année 2011
touche à sa fin. Celle-ci aura été riche. Malgré un
printemps favorable, le volume de récolte de miel 2011 restera dans la moyenne
de 2010.
Dépendantes
du climat, les récoltes ont été très variables d’une région à l’autre en
fonction de la force des colonies toujours mises à mal par les pesticides, le
varroa, le frelon asiatique et autres maladies connues ou méconnues...
Pour une
consommation en hausse de 40 000 tonnes annuelle, la récolte est passée de
32 000 tonnes en 1994 à seulement 20 000 tonnes aujourd’hui.
Cette diminution se situe en particulier sur les zones de grandes cultures
comme le colza et le tournesol, qui représentent 50% du miel produit. La
biodiversité reste un critère déterminant pour la bonne santé de nos abeilles
qui paradoxalement se portent bien dans des zones urbanisées.
Sur
les 1 260 000 ruches en France, 30 000 colonies d'abeilles disparaissent en
moyenne tous les ans depuis une quinzaine d’années.
Sur
70 000 apiculteurs, seuls 2,5% sont des professionnels avec plus de 150
ruches. Même si le métier se professionnalise, 78% des apiculteurs gèrent moins
de 10 ruches.
Outre la
passion de l’abeille et le bonheur de récolter « son » miel,
entretenir quelques ruches va devenir un acte citoyen. En effet, la production de 84% des espèces cultivées en Europe
dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90% des abeilles
domestiques et sauvages. L’abeille participe directement à la production de 35
% de la nourriture des hommes.
La
répartition des ruchers sur tout le territoire est donc déterminante.
Face
aux mortalités, le fait que de nombreux apiculteurs jettent l’éponge
chaque année ne doit pas rester une fatalité. La recherche, dont les moyens
restent dérisoires face aux enjeux, progresse et permettra, il faut l’espérer,
d’avancer sur la problématique des pesticides.
Bien
heureusement de plus en plus de ruchers écoles, d’animation dans les
collectivités, de formations à l’apiculture voient le jour et les listes
d’attente témoignent de l’intérêt croissant du public pour cette activité qui
est accessible même si elle nécessite d’être pratiquée avec la plus grande
vigilance au niveau sanitaire et de sécurité.


Vie de la
ruche : Le varroa, une
plaie des ruchers
De la
réduction de la biodiversité florale aux effets induits par les pesticides et
les fongicides, des attaques de frelon asiatique à la présence du Nosema,
champignon microscopique qui profite de la baisse d’immunité de l’abeille,
l’apiculteur n’ignore rien des maux qui affectent nombre de ses ruchers. La
détection précoce des ruches malades est donc primordiale. Il vise en
particulier, le parasitisme des Varroa destructor, des acariens véhiculés sur
tous les continents par des transferts d'abeilles reproductrices ou de ruches.
Ils sont une des causes qui affaiblissent les abeilles et propagent des
infections virales associées. L’apiculteur
« industriel » est pointé du doigt pour ses pratiques. La taille
croissante des ruchers, la promiscuité des abeilles, la transhumance des
ruchers (abeilles louées pour la pollinisation), la fourniture de sucre à forte
teneur en fructose et les échanges de souches de reproducteurs sont autant de
causes favorables à la diffusion de maladies parasitaires, virales et fongiques.
Originaire
de l’Asie du Sud-est, le varroa (découvert en France en 1982) vit aux dépens
d'une espèce asiatique qui résiste à ses attaques, contrairement à l'abeille
européenne. Seules l'Australie et certaines régions d'Afrique sont encore
épargnées par la varroase. Le varroa ressemble à un petit crabe aplati, de
couleur rouge, ses pattes sont courtes, le corps est recouvert de nombreuses
soies.
La femelle
pond ses œufs dans une cellule de la ruche. Ses larves se nourrissent ensuite
de la nourriture apportée par l’abeille à sa
propre larve. A 7-9 jours, leur âge adulte, les femelles pourront
attaquer l'abeille et se nourrir de son hémolymphe.
Elles se déplacent dans la ruche en
s'accrochant aux abeilles et aux faux-bourdons. Les mâles, adultes en 5 à 7
jours, dépendent totalement de la nourriture de l'abeille. Hélas, ce varroa est
facilement transporté par les pollinisatrices d'une colonie à l'autre. Son mode
de reproduction passe par une alternance des deux sexes qui mutent pour permettre la perpétuation de
l'espèce. A défaut de connaître une molécule permettant de s'en dépêtrer, on
utilise avec plus ou moins de succès des moyens mécaniques, ou des essences de
plantes (huile essentielle de lavande, par exemple). Le traitement avec de
l'Apiguard, utilisant des huiles essentielles de thym, est relativement
efficace, mais ne parvient pas non plus à éradiquer le varroa. Des travaux sur
une souche résistante sont en cours et prometteurs.
Législation : Une ruche en villePetit
retour sur la législation permettant d’installer une ruche en ville sans nuire
au voisinage. S’agissant d'animaux, la loi encadre strictement
l’apiculteur ; le code rural (articles L. 211-6 et L. 211-7)
prévoit que pour chaque département, les règles de distance soient définies par
le préfet. En tout état de cause, la mairie a toujours le dernier mot. A
Paris, les ruches ne peuvent être installées à moins de 25 mètres d'un hôpital
ou d'une école. Un mur, une palissade en planches jointes, une haie vive ou
sèche de 2 mètres de haut doit être installé autour de la ruche et s'étendre
sur au moins 2 mètres de chaque côté.
La sécurité du public reste
l’objectif numéro un, alors ne vous engagez pas dans l’aventure sans contacter
un apiculteur professionnel habitué à ce genre d’installation. La sélection
d’une souche d’abeilles douces est impérative.


Vie de la
ruche : Déclin de
l’activité
A fin août,
l’activité de la ruche est en très net déclin. Les magasins à miel sont presque
pleins… du moins ceux que l’apiculteur a bien voulu laisser dans la ruche au
moment de la récolte. Ces réserves, ajoutées à celles du pollen, devraient
suffire à passer sans problème l’hiver qui approche. Les abeilles
nées à cette époque de l’été finissant, auront une chance insigne : leur
vie ne sera pas de 4 ou 5 semaines comme c’était le cas pour leurs sœurs
précédentes, mais de plus de six mois !
En septembre
puis en octobre, les sorties se font encore plus rares. Les dernières se
situent aux environs du 10 novembre, pendant cette courte période de beau temps
que l’on appelle « l’été de la Saint Martin ». On se dépêche de
butiner ce qu’il reste de pollen sur les ultimes plantes fleuries, en
particulier le lierre.
(écrit de Pierre Déon, La Hulotte)
Le travail
de l’apiculteur : Visite d’automne
Il est temps
de procéder à l’hivernage de nos ruches. Depuis début août, nous avons
déjà pris la peine de surveiller nos colonies en prévision de cette étape
cruciale.
Resserrer ou regrouper les colonies
Si la colonie est orpheline, il faudra la réunir avec une autre colonie
plus faible avec la méthode du papier journal. Une ruche faible n’occupe que 6
cadres et aura de grosses difficultés à passer l’hiver. On pourra la transférer
en ruchette polystyrène, peu coûteuse et bien adaptée. Pour celles qui occupent
7 à 8 cadres, on enlèvera les cadres non construits et on insèrera une cloison
(partitions). Un morceau de carton fera l’affaire. Le volume à chauffer sera
ainsi réduit.
Protections
Nous vérifierons ou replacerons les grilles d’entrée contre les prédateurs.
Il s’agit de bloquer ces derniers, mais sans les emprisonner. De nombreux
modèles sont disponibles.
On pourra en profiter pour gratter le plateau et s’il est ventilé,
l’obturer pour l’hiver avec un contre plaqué de 5 mm ou le matériel du
commerce.
Traitement du varroa
Si la récolte de miel est derrière vous, il n’y a plus aucune raison de
retarder le traitement du varroa. Plus tôt vous l’effectuerez, plus il sera
efficace.
Nous pouvons citer l’Apistan (molécule: fluvalinate), l’Apivar (molécule :
Amitraze), l’Apiguard (molécule : Thymol) ou bien des huiles
essentielles.
Renseignez-vous auprès de la Direction Départementale de la Protection des
Populations (D.D.P.P.) de votre département.
Nourrissement
Une ruche Dadant 10 cadres doit peser environ de 30 à 40 kg pour passer
l’hiver dans de bonnes conditions. Nous prendrons en compte les miellés
tardives de bruyère, de lierre ou d’arbousier. Si ce n’est pas le cas, nous
procéderons à un nourrissement, plutôt solide sous forme de candi à poser
directement sur les cadres. Pour un sirop liquide, nous utiliserons un sirop le
plus concentré possible.
Stockage des hausses
Les hausses récoltées seront stockées en piles à l’abri, en laissant l’air
circuler pour empêcher la fausse-teigne de s’installer. On aura pu au préalable
laisser à distance du rucher les cadres vidés à disposition des abeilles qui
les lécheront. Mais attention au risque de pillage dans ce cas. On ferait mieux
de remettre la hausse récoltée quelques jours sur nos ruches faibles au dessus
du nourrisseur. Les abeilles les lècheront et les reconstruiront en
partie.
A la miellerie
Il est tant de nettoyer tout le matériel pour le retrouver prêt à l’emploi
au printemps suivant.


Vie de la
ruche : Le grand massacre
des mâles
Vers le
début du mois d’août, alors que les magasins de miel sont quasiment pleins, que
la ponte de la Reine tire à sa fin et que la période de l’essaimage est depuis
longtemps terminée, un événement sanglant va avoir lieu : la liquidation
des mâles.
Les ouvrières,
sachant que, désormais, elles n’auront plus besoin d’eux et ne tenant pas à
conserver éternellement toutes ces bouches inutiles, décident d’en finir une
bonne fois.
Elles
entreprennent donc d’évacuer manu-militari les pauvres lourdeaux, les empoignant
sans tendresse par la base de l’aile et les sortant un à un de la ruche. Avec
bien du mal parfois car les ci-devant essaient par tous les moyens de s’opposer
à leur expulsion. Mais rien n’y fait, ni les pleurs, ni les cris. Ces maudites
ouvrières n’hésitent pas, s’il le faut, à s’y mettre à plusieurs et ce sont
toujours elles qui ont le dernier mot.
Leurs
brutales interventions ont souvent pour principal effet de démolir l’aile du
mâle, ce qui suffit à le condamner à mort : tombé à terre ou dans les
herbes, incapable de reprendre son vol, incapable aussi de se nourrir, le
malheureux insecte ne tardera pas à périr, terminant de façon tragique une
courte existence de plaisirs et de facilités…
A fin août,
tout est terminé, il n’y a plus un seul faux-bourdon dans la ruche. Seules
restent la Reine et quelques milliers d’ouvrières. Dehors les fleurs sont quasi
toutes fanées.
Pour les
abeilles, fini de rire : l’hiver est déjà presque là.
(écrit et illustration de Pierre Déon, La
Hulotte)
Le travail
de l’apiculteur : Surveillance avant tout
La raréfaction des ressources mellifères est la cause d’une
augmentation d’agressivité de nos protégées. Veillons donc à choisir le moment
de notre intervention sur les ruches. Août est traditionnellement considéré
comme étant le début de l’élevage des abeilles qui auront à supporter la saison
froide et qui auront de plus, la lourde tâche d’être à l’amorçage de la
nouvelle colonie de printemps. C’est la raison pour laquelle reprenant le
dicton « Qui dort en août en paiera le coût », nous devons être
extrêmement attentifs à l’activité de notre ruche.
Selon l’activité de la ruche, il peut être nécessaire de vérifier
la présence de la reine et du couvain qui donnera naissance aux abeilles qui
passeront l’hiver.
Actualités : Législation
Avez-vous
pensé à déclarer votre rucher pour le recensement ? Le
formulaire de déclaration de détention et d'emplacement de rucher (cerfa
n°13995*01) est téléchargeable sur les sites :
http://www.service-public.fr/formulaires/ et
http://www.cerfa.gouv.fr
Il est également disponible auprès des directions départementales de protection
des populations (DDPP) ou auprès d'organisations professionnelles apicoles.
Mais avant toute transmission de votre déclaration, vous devez être titulaire
soit d'un numéro Siret, soit d'un numéro NUMAGRIT.
Le n°Siret est délivré en cas de cession de miel à un tiers, hors cadre
familial, et est obtenu auprès du centre
de formalité des entreprises de la chambre d'agriculture.
Le n°Numagrit est délivré au cas où l'activité ne relève pas d'un n°siret. Il
est délivré par la DDPP sur fourniture de la carte d'identité. Sans l'un des
numéros, la déclaration ne sera pas prise en compte.
Attention, la vente ou la cession à titre gratuit de miel est également soumise
à déclaration sur un formulaire disponible auprès de la DDPP.
Les ruches doivent également
être assurées responsabilité civile et protection juridique.